Voici un carnet de bord de mon année de trail 2026. Celle-ci s'annonce bien différente de 2025 avec seulement un seul dossard au programme, celui du Nice by UTMB, 165 km 9 000 m D+ le 25 septembre. Et davantage de sorties OFF et en auto-suffisance. Le but de cet espace est de partager mes méthodes, découvertes, essais-erreurs, et accumuler ensemble de l'expérience pour nourir projets et reflexions autour de l'ultra-endurance. Belle lecture !
Janvier
Reprise après quasiment 2 mois d'arrêt
05/01/2026
Depuis fin novembre 2025, la course à pied a quasiment disparu de ma vie. J'ai souhaité ne plus en entendre parler, mes récentes pérégrinations réunionnaises ayant probablement eu raison de mon envie de courir. À la place, j'ai décidé de m'engouffrer pleinement dans la formation pour devenir coach Tarzan Movement. Je prendrai bientôt le temps de détailler cet entraînement incroyable qui a, dans une certaine mesure, complété mon puzzle d'athlète de manière inattendue.
En ce début d'année, le goût de l'exploration commence néanmoins à revenir, et avec lui l'envie de poursuivre ma quête de 100 miles inachevée. Les jambes se remettent à fourmiler, et cela me rassure, car certaines préoccupations sur le fait de ne plus éprouver l'envie de recourir commençaient à parsemer mon esprit. C'est donc le moment de reprendre. Pour cela, on va y aller tout doux, sans pression ni objectif autre que de relancer tranquillement la machine sans me blesser. Ma saison sera balisée plus franchement au moment du tirage au sort de l'UTMB, dont j'attends les résultats le 16 janvier.
Bilan de reprise
31/01/2026
Les 2 premières semaines furent tâtonnantes, ponctuées notamment par un rassemblement d'entraînement intensif inter-coachs Tarzan Movement à Barcelone sur 3j, qui m'a mis au repos pendant plusieurs jours. N'ayant pas été tiré au sort à l'UTMB, j'ai choisi dans la foulée de m'inscrire au Nice by UTMB, version 100M. Cela signifie 165 km et 9 000 m D+, une distance qui me met des étoiles dans les yeux. Ça y est, la saison est lancée, et d'ailleurs, j'ai décidé que ce serait mon seul dossard cette année.
Donc je suis reparti sur un cycle de préparation physique de 2 mois, avec la vocation d'aller jusqu'à début avril, date d'une aventure prévue de longue date avec l'ami Thomas : la traversée de la Chartreuse. Côté course à pied, je monte tranquillement le volume mais surtout, en me basant sur les principes de Scott Johnston (l'entraîneur des vainqueurs femme et homme de l'UTMB 2025), j'ai décidé de reprendre et développer les fractionnés longs en côtes. À cette fin, j'ai débuté par un 5x(3min rapide, 2min récup) dans une côte vers chez moi. Cette séance est passée étonnamment bien et m'a donné envie de poursuivre ce type de séances !
Février
Les choses sérieuses reprennent
08/02/2026
Oui les choses sérieuses reprennent car aujourd'hui, c'était ma première vraie sortie longue depuis des mois. 32 km 1 900 m D+, avec de la pluie, des chemins de crêtes, des sentiers enneigés. Le genre de sortie difficile mais qui redonne confiance en sa capacité à endurer et à perdurer dans l'effort. Lesté à environ 5 kg pour reprendre en douceur l'entraînement spécifique, avec un gros projet OFF prévu pour début mai en ligne de mire. Un petit film de l'aventure est dispo en suivant ce lien.
Parcours de ma première sortie longue de l'année.
Use it or lose it, vous êtes sûr ?
26/02/2026
Sur la fin février, l'entraînement poursuit son cours avec une montée de volume tranquille et des semaines qui gravitent autour de 70 - 80km avec entre 2 000 m et 3 000 m D+. Je suis assez étonné de voir comment mon corps a bien réagi à cette reprise depuis le début d'année, et comment il s'est vite remis dans le bain de la course à pieds sans perdre de masse musculaire malgré une longue période d'interruption. Moi qui étais matrixé par le fameux use it or lose it, je me rends compte que la réalité est plus complexe que cela. Cette observation m'a conduit à mener quelques recherches bibliographiques dont je vous livre certaines pistes de façon informelle, car j'y reviendrai dans un article futur.
Les cellules des muscles squelettiques forment ce que l'on appelle un syncytium, c'est-à-dire un espace continu de plusieurs cellules possédant chacune un noyau, mais partageant le même cytoplasme. Chaque noyau a une influence spatiale définie et, lorsque l'on impose aux muscles des stress impliquant notamment des charges comme dans le cas de la préparation physique ou la course à pieds, le nombre de noyaux augmente pour améliorer l'activité et l'efficacité musculaire. Le fait de disposer d'un grand nombre de ces noyaux implique une sensibilité plus élevée aux stress musculaires, et favorise la synthèse protéique dans le but de renforcer le muscle. D'après une étude de de 2016, ces noyaux pourraient, sauf pathologies spécifiques, persister de manière stable chez l'être humain durant plus de 15 ans, voire rester permanents. Lors de l'absence de stimulus important, ces noyaux ne sont donc pas éliminés. Ils rentrent dans un état de dormance fonctionnelle, mais restent activables au moindre stimulus mécanique pour assurer une synthèse protéique de maintenance. Ils constituent ce que l'on appelle la mémoire musculaire.
D'autre part, le remplacement de la course à pied par du mouvement primal pendant ces deux mois a fortement contribué à maintenir mes capacités musculaires. J'ai en effet découvert que, s'il existait un seuil de tension mécanique minimal pour stimuler l'hyperthrophie, il existe également un seuil, beaucoup plus faible, au-delà duquel l'atrophie musculaire est inhibée (voir ). En effet, malgré un volume moindre, les mouvements au sol de type quadrupédie ont favorisé une force de tension continue dans l'ensemble de la chaîne abdominale, mais aussi dans les membres postérieurs et supérieurs, comparables à des entraînements en endurance de force (voir ). Quant aux sauts de précision, ils ont contribué au maintien de l'édifice de par l'intensité des impacts à la réception, et par les contraintes excentriques fortes appliquées sur les quadriceps et les mollets. Ces derniers ont d'ailleurs été d'autant plus sollicités de par mes atterrissage sur l'avant du pied afin maximiser la dissipation de l'énergie cinétique sur la distance la plus courte possible. Cette activité m'a permis de stimuler les fibres rapides de type II, les premières dans la ligne de mire de l'atrophie musculaire (voir ), ainsi que les voies de signalisation mécanotransductrices mTOR, sujet sur lequel je reviendrai abondamment dans le futur.
Ce bloc, largement non exhaustif, et à visée purement explorative, permet je le pense de modérer la crainte du déconditionnement chez l'athlète souhaitant interrompre sa pratique sportive principale pendant une période plus ou moins prolongée. Durant ces deux mois sans trail, je n'ai pas vraiment eu l'impression de faire du sport, mais plutôt d'être dans le jeu et de développer mes capacités ancestrales de primate. Cela a, semble-t-il, suffit à préserver les qualités athlétiques nécessaires à la course à pieds, en plus de mettre à mal le dicton no pain no gain, auquel je ne souscris définitivement plus.
Mars
Objectif 3x10min en côtes atteint
04/03/2026
Je ne pensais pas prendre autant de plaisir à effectuer ce travail d'intensité, qui m'a conduit à atteindre les 3x(10min rapide, 5min30 récup) en côtes. Si des adaptations physiologiques n'ont pas pu se produire en à peine quelques semaines, je pense en revanche que corps et esprit ont développé et entraîné une stratégie d'allure à effort minimal en côtes. En effet, mon RPE (pour Rate of Perceived Exertion) s'est stabilisé au fur et à mesure des semaines, ces séances devenant pourtant de plus en plus difficiles. Cela signifie que j'ai développé une allure optimale spécifique à la montée. Ce type de séances m'a permis de travailler mes qualités cardiovasculaires en minimisant l'impact d'un fractionné classique à plat sur les tendons, comme le préconise Scott Johnston dans sa philosophie d'entraînement (voir son livre Training for the Uphill Athletes, co-écrit, entre autre, par un jeune prodige catalan...).
Dans le détail, l'évolution de mes séances en côtes a ressemblé à ceci :
- Semaine 1 : 5x(3min rapide, 2min récup)
- Semaine 2 : 5x(4min rapide, 2min30 récup)
- Semaine 3 : pyramidal 2min/1min30-3min/2min-4min/2min30-3min/2min-2min/1min30
- Semaine 4 : 4x(6min rapide, 3min30 récup)
- Semaine 5 (décharge) : 3x(5min rapide, 3min récup)
- Semaine 6 : 3x(10min rapide, 5min30 récup)
À noter que toutes les séances de fractionné sont précédées d'au moins 15 - 20 min d'échauffement en endurance douce. La logique du calcul de fraction rapide/récup est basée sur celle décrite dans l'excellent Ultra-trail de Guillaume Millet, illustre inventeur, entre autres, du concept de la chasse d'eau (voir ici). Cette logique respecte l'équation suivante, si est la fraction rapide en minutes, et la fraction de récup : .
Premier maratrail
06/03/2026
Ces temps-ci, l'envie d'aventure est forte, et les jambes répondent plutôt très bien. C'est donc le couteau entre les dents que je suis parti sur ce premier marathon de l'année. 44 km 2 100m D+, avec une énième traversée du rocher du Caire et une longue promenade sur les hauteurs de Chalancon. Avec un sac chargé à 6,4 kg au départ, toujours en vue de préparer un OFF sur plusieurs jours en mai en autonomie complète (plus de détails plus loin dans le projet), je suis plutôt très satisfait des sensations et de ma capacité à endurer l'effort sur quasiment 7h. Un petit montage vidéo qui retranscrit cette aventure est disponible ici.
Parcours de mon premier marathon de l'année.
Projet OFF Monts du Lyonnais
14/03/2026
Cette aventure, prévue de longue date, revêtait plusieurs objectifs. D'abord, celui de réaliser un projet trail tous les trois avec Lolo et Rapace pour la première fois. Mais aussi, tester ma capacité à parcourir une longue distance (ici autour de 65km 3 500m D+) avec un sac lesté dans les conditions du 31 project à venir. J'ai donc préparé mon sac avec minutie, et celui-ci affichait 8.9kg sur la balance au début de l'aventure.
Contenu du sac simulant les conditions du "31 project" lors de l'aventure dans les Monts du Lyonnais.
Si les premiers kms furent relativement difficiles, j'ai compris, par les lumières du bon Rapace, qu'il fallait un certain temps pour que toutes les filières énergétiques se mettent en place au moment de débuter un effort. Une fois celles-ci établies, le corps atteint un certain rythme de croisière qui, s'il est respecté, peut être tenu pendant de longues heures.
Les trois gueux au début de cette belle aventure.
Concernant le contenu de la sortie, on était sur un parcours qui serpentait les Monts du Lyonnais, probablement établi par un borneur fou, puisque nous ne comptions plus les moments où la trace était artificiellement rallongée par des bosses pour engranger du D+ additionnel. Comment en vouloir à cette personne ? Car dans le fond, on a vraiment kiffé.
En termes de ressenti, je n'ai jamais fait une sortie aussi longue qui s'est écoulée aussi rapidement. C'est incroyable comment le fait d'être à plusieurs dans l'effort transcende et modifie la perception du temps. Je n'en avais pas conscience dans une telle mesure. L'envie de réitérer l'expérience est très forte.
Après environ 12h30 d'effort, nous revînmes à Vaugneray, notre lieu de départ, sous la neige. Big-up à Paupau qui nous a fait la surprise de venir nous faire coucou au beau milieu d'un sentier random vers Yzeron, sous la neige et de nuit. Moment suspendu qui nous a touchés fort fort. Un résumé vidéo de cette aventure incroyable est disponible ici.
Les trois gueux à l'arrivée de cette belle aventure.
Replay du tracking OFF Monts du Lyonnais. Tu peux plier/déplier le bandeau altimétrique sur la carte, et voir sur celui-ci les données de distance/D+/D- à chaque point enregistré.
Avril
Projet OFF Traversée de la Chartreuse
04/04/2026
Avril commence fort avec ce projet de longue date avec l'ami Thomas (Crasse l'ancien pour les intimes) : rallier Grenoble (chez moi) à Chambéry (chez lui) d'une traite en traversant la Chartreuse. Un itinéraire autour de 90 km 4 500 m D+.
Notre départ, visé pour 7h30, se fait sur les chapeaux de roues lorsque, au moment de partir, je claque la porte en oubliant de retirer le double de mes clés d'appart sur la serures. La phrase « Sésame, ouvre-toi » a parfaitement fonctionné une fois délesté de 165€ par le serrurier 50 min plus tard (rire amer). Après cette première mise à l'épreuve du mental, nous pressentons que la journée va être belle, grâce à la météo de fou furieux qui nous attend. C'est la première vraie journée de printemps de l'année, avec un mercure annoncé autour de 24°C dans l'après-midi, une sorte d'éden pour une telle aventure.
Thomas et moi avant le départ et premier panoramas au niveau de la Bastille à Grenoble.
À mesure que nous nous engouffrons en Chartreuse, nous prenons conscience que la neige risque d'être un problème. Les faces exposées Nord, abondantes sur notre parcours, sont en effet recouvertes d'épais manteaux neigeux dès 1 300 m d'altitude. Or, notre parcours contient de nombreux passages à plus de 1 700 m, dont certains allant jusqu'à 2 000 m. Évoluer dans la neige en sandales n'est pas chose aisée, surtout lorsque la couche avoisine les 50 cm. Après quelques heures à jauger la faisabilité, nous décidons d'adapter la trace, pour éviter les passages trop abrupts. C'est aussi ça l'aventure, savoir faire preuve de discernement, et être dans l'adaptation permanente.
Je dois avouer que ces changements d'itinéraires, qui réduisent de plus en plus la trace, affectent mon moral. Quand je vois que nous ne ferons pas 90 km, mais 85 km. Et puis en fait pas 85 km, mais 80 km. Et puis quoi encore ? Moi je voulais mes 90 km, faisant presque une fixette sur cette data. Après quelques heures de rumination, je prends conscience que mon mental s'égare dans la mauvaise direction. Je ne suis pas ici pour accumuler 70, 80, 90 ou même 100 km. Non, je suis là pour rallier Grenoble à Chambéry, avec mon poto Thomas. M'attacher aux datas comme je le fais est une impasse, puisqu'elle revient à considérer que ma motivation principale est dûe à des facteurs totalement extrinsèques. Ce n'est pas suffisant pour venir à bout d'un ultra. Au moment où je prends conscience de tout cela, mon mental switch, comme remis à l'endroit, et je me sens pleinement épanoui, en phase avec l'instant.
Nous décidons malgré tout, car nous sommes en quelque sorte des explorateurs, de tenter un passage très neigeux qui durera de longues heures. Malgré la raideur des pentes, évoluer dans la difficulté à deux dans ce décor incroyable nous procure une forme de plaisir inattendu. Plaisir décuplé lorsque la portion se termine et que nous retrouvons enfin la route. Fort heureusement, j'avais prévu dans ma besace une paire de Skinners pour arpenter la neige, celles-ci étant particulièrement adaptées pour ce type de terrains.
Let it snow, let it snow, let it snow !
La fin de la trace se fera sans encombre, de nuit, avec une pointe de frustration de mon côté que cela ne dure pas plus longtemps. J'en veux encore et ne suis pas rassasié. C'est bon signe, bien que le projet Fontaine-Rémuzat, qui arrive à grands pas, devrait m'apporter de quoi manger à ma faim. Du reste, un petit film de cette belle aventure est dispo en suivant ce lien. Maintenant, place au repos !
Replay du tracking OFF Traversée de la Chartreuse. Tu peux plier/déplier le bandeau altimétrique sur la carte, et voir sur celui-ci les données de distance/D+/D- à chaque point enregistré.
Se préparer par l'hormèse
30/04/2026
Durant ce mois d'avril, après la traversée de Chartreuse, je n'ai que très peu couru, entretenant un volume autour de 40 - 60 km par semaine selon l'envie. J'ai par ailleurs abondamment développé ma pratique de mouvement primal, et je perçois une réelle progression, tant sur le plan athlétique, de la mobilité, mais aussi du système nerveux autonome qui parvient beaucoup mieux à gérer la hauteur. C'est fou comment tout s'entraîne, même quelque chose d'aussi instinctif que d'avoir peur de mourir parce qu'on est très haut.
En parallèle, avec l'arrivée des beaux jours et la hausse des températures, j'ai repris l'exposition au chaud dans mon hammam Jolt. Au début timidement, puis de plus en plus franchement avec entre 4 et 5 sessions par semaine d'une durée de 15 - 18 min. Car si je n'ai pas vraiment de problème à gérer le froid, j'ai plutôt du mal avec le chaud, et je me dis qu'au plus vite je m'y prépare, au plus vite j'y suis adapté. J'ai senti une réelle évolution au fil des semaines dans ma capacité à tolérer le chaud, et même si je n'ai pas de donnée quantifiable à fournir, j'ai la conviction que cet entraînement me servira pour l'été, et à plus court terme, pour le projet Fontaine-Rémuzat.
Enfin, et c'est probablement le plus gros changement que j'ai opéré ces derniers mois : j'ai repris le jeûne intermittent depuis maintenant 6 semaines. C'est une pratique que j'avais expérimentée pendant près de 2 ans entre 2023 et début 2025, me rendant compte que je n'avais jamais vraiment faim au réveil, et que je mangeais plus par habitude. J'avais interrompu cette pratique début 2025, quelques mois après avoir repris un job d'ingénieur, car je sentais que mes besoins d'énergie n'étaient plus couverts. Je me sentais faible le matin, j'avais des dalles énormes dès 10h du matin, et je n'arrivais plus à me concentrer correctement, alors même que le matin est ma période privilégiée pour le deep work. Connaissant les dangers, et les causes du sur-entraînement, j'avais préféré lâcher l'affaire et reprendre des petits-déjeuners. Jusqu'à ce que je visionne courant mars, le documentaire Arte Le jeûne : enquête sur un phénomène. Ce fut une révélation et je pris conscience que mon corps était littéralement fait pour jeûner, et que l'en priver revenait à me priver d'un nombre incalculable de bienfaits parmi lesquels l'autophagie cellulaire via l'activation de la filière AMPK. J'ai donc décidé de reprendre, mais en ne répétant pas les mêmes erreurs, à savoir jeûne ≠ manger moins. Juste manger la même chose sur des fenêtres de temps plus resserrées. Les premières semaines furent difficiles mais je vis rapidement que mon niveau d'énergie était globalement bien plus élevé, et que mon envie de manger le matin diminuait de jour en jour. Ce que j'ai fait en gros, c'est que j'ai déplacé mon petit déj vers le goûter, autour de 15 - 16h (je ne prenais pas de goûter avant). Donc je mange exactement les mêmes choses qu'avant, mais j'observe une fenêtre de jeûne d'entre 14 et 16h tous les jours. Cela fait une différence majeure en terme de récupération, j'en suis désormais convaincu par la pratique. Je reviendrai sur la pratique du jeûne intermittent plus en profondeur dans un prochain article, car il y a tellement de choses à raconter sur le sujet !
Mai
Préparatifs du projet Fontaine-Rémuzat
01/05/2026
La genèse du projet
À la veille de m'élancer sur ce projet que je fomente depuis des mois, je ne réalise pas vraiment. À la base, l'idée a germé en début d'année, en voulant prendre une forme de revanche sur ma traversée de la Réunion avortée en novembre 2025. J'avais dans un coin de ma tête que ce sentier de Grenoble à Rémuzat faisait autour de 100 miles, et l'idée d'évoluer en autonomie dans un contexte différent de celui de la Réunion me faisait de l'oeil. J'ai donc rapidement établi une trace avec l'outil de tracé de komoot. Verdict : 158 km 7 500 m D+. Boum, le genre de stats qui fait instantanément palpiter mon coeur et pétiller les yeux. Je ne réfléchis pas plus, et acte que j'effectuerai ce voyage au printemps, début mai, période concomitante avec la célébration de mes 31 bougies.
Mais au fil du temps, je me rends compte que quelque chose cloche. Que cette seule volonté de parcourir 100 miles ne suffit pas vraiment à faire s'embraser l'étincelle. Je prends alors conscience, un soir d'avril, que le moment où je compte m'élancer, le 1 mai, est la date à laquelle un être qui m'a été très cher, Jean-Phi, est décédé 3 ans jour pour jour auparavant. La vie ayant défilé bien vite depuis cette perte douloureuse, je me rends alors compte que je n'ai jamais réellement pris le temps de lui rendre hommage. Tout du moins, pas d'une manière qui me corresponde vraiment. L'évidence m'apparaît alors : cette aventure, elle est pour Jean-Phi, à 100%. D'autant que les choses sont bien faites, et que le Vercors était son terrain de jeu d'enfance, tandis que Rémuzat, le lieu de ce qui devait être sa paisible retraite. La symbolique est forte. Aller m'immerger en profondeur dans cette nature sauvage pendant des dizaines et des dizaines d'heures pour rentrer dans une sorte de dialogue intime entre lui et moi, la voilà ma manière de lui rendre hommage.
Coucou Jean-Phi :')
Caractéristiques du projet
La trace finale est téléchargeable un peu plus bas, dans l'encart du live-tracking. Concernant le déroulé, je pars sur une autonomie complète. Aucun objectif de durée, le but de cette quête étant justement de s'affranchir des données qui, je cite Éric Lacroix avec qui je travaille en ce moment "viennent APRÈS l'effort". Côté couchage, l'affaire n'a pas été simple puisque, ne sachant pas réellement si j'allais m'arrêter pour dormir, je souhaitais un système le plus léger possible, mais à la fois rapide à installer et qui puisse me permettre de m'arrêter dans les pires conditions possibles, c'est-à-dire à 1 900 m, sous la pluie ou la neige éventuelle. J'ai donc opté pour un équipement minimaliste mais fonctionnel, avec un tarp (que je n'utiliserai que s'il pleut), un duvet Cumulus Xlite 300, un bivy Escape Lite, un sac à viande en soie, et un matelas en mousse Decath MT500 découpé juste à la taille de mon buste (n'incluant pas les bras). Avec un tel système, j'obtiens un couchage robuste et modulable, me permettant d'encaisser des températures très basses (jusqu'à -10°C en confort), mais également très léger, avec un poids autour de 1,3 kg. Je me suis d'ailleurs entraîné à plier/replier tout mon système plusieurs fois pour être le plus efficace possible pour installer le campement en situation d'urgence.
Entraînement intensif de pliage/repliage de couchage par 28°C (lol).
Côté alimentation, je pars sur du classique avec :
- x14 boule d'énergie amandes/dattes (330 g)
- x12 boule d'énergie amandes/cramberries (290 g)
- x10 barre avoines/cacahuètes/amandes/miel (350 g)
- x10 dose de boisson isotonique (350 g)
- x1 saucisson (250 g)
- x1 bloc d'emmental (250 g)
- x5 gel caféine coca (308 g)
- x4 plat lyophilisé (480 g)
pour un total d'environ 2,6 kg. Concernant le matos dans le sac, voici le contenu :
Couchage
- Gatewood cape (310 g)
- x5 Sardines (50 g)
- Matelas mousse MT500 découpé (190 g)
- Bivy Escape Lite (155 g)
- Sac de couchage Cumulus Xlite 300 (515 g)
- Sac à viande soie (110 g)
Hydratation
- Hydrapak Contour 2L (142 g)
- x2 Salomon Soft Flask 500 mL (66 g)
- Hydrapak Stow 1L (57 g)
- Sawyer Micro Squeeze (50 g)
Multimédia
- GoPro HERO 8 Black (103 g)
- x2 Batterie GoPro (46 g)
- x2 Batterie externe Nitecore Gen 2 (300 g)
- x2 Galaxy S21 (380 g)
- Montre Coros APEX 2 Pro (53g)
Trail
- Salomon S/Lab Adventure 20 (485 g)
- Bâtons Leki Crosstrail FX One 125 cm (182 g)
- Lampe frontale STOOTS Kiska II (38 g)
- x2 Batterie lampe frontale Kiska II (92 g)
- Julbo Fury Photochromic 1–3 (25 g)
- Mini couteau (77 g)
- Cuillère en titane (18 g)
Vêtements
- Veste Raidlight Ultralight 3.0 MP+ (185 g)
- Pantalon Zaros (225 g)
- Gants Decathlon Evolutiv (57 g)
- Sur-mouffles Raidlight Ultralight MP+ (20 g)
- Bob Aventure Raidlight (50 g)
- Manchettes Performance Raidlight (30 g)
- T-shirt Salomon (70 g)
- Short On Ultra Shorts (150 g)
- Caleçon long Decathlon (120 g)
pour un total de 4,3 kg. En ajoutant à cela les liquides, de 9,7 kg. Cela représente une belle masse, néanmoins je garde en tête que ce paquetage est voué à se réduire progressivement en même temps que ma consommation d'aliments. En plus, j'ai beaucoup utilisé mon gilet lesté à 12 kg ces temps-ci, une quinzaine de minutes tous les jours en faisant la vaisselle, préparant à manger, ou en faisant de la mobilité. Donc finalement, ce paquetage me semble relativement léger ! Eh bien voilà, on dirait qu'il n'y a désormais plus qu'à ! :)
Paquetage complet.
Projet OFF Fontaine-Rémuzat
02/05/2026
Le récit complet de cette aventure est à retrouver par ici.
Replay du tracking OFF Fontaine Rémuzat. Tu peux plier/déplier le bandeau altimétrique sur la carte, et voir sur celui-ci les données de distance/D+/D- à chaque point enregistré.
Nouveau bloc d'entraînement
17/05/2026
Structure et variabilité des séances
Depuis le début de l'année, mes objectifs étaient flous, et cela s'est propagé à mes entraînements qui existaient sans véritable structure ni cohérence quantifiable (voir la fig. 1). J'avais besoin de passer par une telle phase pour expérimenter des choses nouvelles, et consacrer davantage de temps au programme Tarzan Coach. Aussi, je réalise que quand les objectifs sont flous (le projet Vercors a été mouvant quasiment jusqu'au dernier moment), ce qui se passe dans la tête en vue d'atteindre ledit jalon l'est aussi. J'imagine qu'il doit exister des travaux de psychologie sur le sujet. Est-ce qu'être précis dans sa préparation demande systématiquement d'être précis dans ses objectifs ? Mais a-t-on toujours besoin de faire les choses avec précision ?
Volume hebdomadaire de course à pied depuis début 2026. — fig. 1
Ainsi, fort de cette aventure entre Vercors et Drôme (dont tu trouveras le récit ici), et après une petite semaine de coupure au cours de laquelle j'ai pu festoyer mes 31 ans autour d'un bivouac entre amis, j'ai décidé de repartir à l'entraînement. Dans une optique cette fois plus structurée, pour continuer de me développer en tant qu'athlète, et tenter de repousser plus loin que je ne l'ai encore fait les curseurs de ma robustesse phjysiologique. Je m'explique.
Pour ce nouveau bloc, du fait de ma neuro-atypie, et de ma difficulté à agir si les choses ne sont pas préalablement balisées de manière à abaisser la barrière dopaminergique inhérente à une tâche, j'ai décidé de bâtir un plan d'entraînement sur 5 mois, jusqu'à fin septembre pour le Nice by UTMB. Un programme semaine par semaine, exigeant, avec beaucoup de variabilité dans les séances pour rajouter du jeu et minimiser la lassitude. Mais aussi un programme qui inclue plusieurs Week-End choc (WEC). Parmi eux, une aventure commence à mijoter dans mon esprit, et pourrait s'annoncer incroyable : le tour des Écrins en Autonomie sur 3 ou 4 jours. 194 km 11 000 D+, truc de fou. Ce projet, à l'état d'idée pour l'instant, s'inscritait dans la lignée de ma récente traversée du Vercors, qui ne m'a visiblement pas rassasié. Ainsi, pour rompre la monotonie, mes semaines seront constituées de séances de côtes longues ou courtes, de descentes longues ou courtes, de footing à jeûn, d'entraînements bi-quotidiens, de sorties longues en montagne, de sorties lestées, de bivouacs, et bien sûr de mouvement primal et de grimpe d'arbre. De quoi passer du bon temps dehors et affûter corps et esprit pour étendre toujours plus mes capacités d'exploration.
Nouvelle gestion de l'alimentation
En écoutant récemment les derniers podcasts de David Nicolas (cet épisode où il débrief son régime cétogène, et celui-ci avec Ulrich Genisson), et dans ma démarche personnelle visant à réduire la discordance évolutive propres aux sociétés modernes, j'ai pris conscience de l'importance de notre flexibilité métabolique. L'être humain n'est pas uniquement un "brûleur de sucre", il possède aussi une prédisposition physiologique ancestrale à être hautement efficace dans l'oxydation des lipides.
Pour simplifier, le corps dispose de deux voies énergétiques majeures pour l'effort d'endurance : l'oxydation des glucides et l'oxydation des lipides. Si les glucides permettent une production rapide d'adénosine triphosphate (ATP) via la glycolyse cellulaire puis la respiration mitochondriale, leur disponibilité à l'état naturel fluctuait considérablement selon les biotopes et les saisons au cours de notre évolution. Pour faire face aux périodes de faible disponibilité en glucose, l'organisme utilise une la lipolyse, qui libère les acides gras stockés dans le tissu adipeux pour qu'ils soient oxydés directement dans les mitochondries des cellules musculaires (via la bêta-oxydation). La production de corps cétonique par le foie (cétogénèse) est un mécanisme complémentaire, activé principalement lors d'un jeûne prolongé ou d'une restriction glucidique stricte, visant à fournir un substrat énergétique alternatif, notamment pour le cerveau. La différence majeure réside dans la capacité de stockage : nos réserves de glucides (sous forme de glycogène hépatique et musculaire) sont limitées et représentent environ 2 000 à 2 500 kcal, à mettre en relief par rapport à nos réserves de graisses qui, même chez un athlète affûté, constituent un réservoir d'énergie quasiment inépuisable, dépassant généralement les 80 000 à 100 000 kcal (voir ).
À titre personnel, lors de mon récent périple dans le Vercors, ma montre estimait la dépense énergétique à environ 13 000 kcal, pour 131 km et 8 000 m D+. Cela ne réprésente qu'environ 13 % des réserves adipeuses théoriques de mon organisme. Est-ce à dire qu'il est biologiquement possible de courir des ultra-distances type 100 miles sans aucun apport calorique exogène ? Sur le plan purement énergétique, oui, et des performances de ce type on déjà été documentées (comme celle de l'ultra-traileur Michale McKnight voir cette interview et son 100 miles sans calorie). La faisabilité d'un tel effort dépedant néanmoins du débit maximal d'oxydation des lipides de l'individu, qui limite l'intensité absolue soutenable sans épuiser prématurément le glycogène résiduel (voir ).
Sans vouloir entrer dans de tels extrêmes (bien que ce soit totalement mon genre), j'ai décidé, basé sur tous ces faits, de développer ma flexibilité métabolique et d'expérimenter, au cours des prochains mois de préparations pour les futurs jalons de ma quête 2026, un pannel de protocoles pour entraîner mon organisme à augmenter sa capacité d'oxydation des lipides à l'effort. Je sais que je prends encore une direction différente des pratiques majoritaires actuelles, dans un monde où les carbs sont plus abondantes que jamais, et où les recommandations s'orientent vers des apports de plus en plus élevés à l'effort (allant de 90g à 120g/h). L'approche de la périodisation des flucides, visant à optimiser à la fois la capacité glycolitique et l'oxydation des graisses, repose sur des bases physiologiques solides. Et puis, je trouve une forme de logique à tenter de restaurer une des fonctionnalité de base du corps humain. Respecter ma physiologie et lui accorder l'attention qu'elle mérite.
J'expérimente donc de nouveaux protocoles d'entraînement à glycogène bas, construit par mes soins, inspirés de la littérature, et initiés par la lecture de de Fabrice Kuhn (également interviewé à l'occasion de cet épisode de Limitless que je recommande). J'avoue ne pas exactement savoir où je vais mais il faut bien commencer quelque part, et je me dis qu'en restant étroitement connecté.e à ses sensations, on ne peut guère se tromper. Je précise également que je suis tous les jours sans exception en jeûne intermittent puisque mon premier repas de la journée n'est jamais avant midi, et le dernier jamais après 20h.
Protocole 1
Footing à jeûn d'1h, puis retarder la prise alimentaire de 45 min - 1h.
Objectif : prolonger la signalisation cellulaire post-exercice liée à la basse disponibilité en substrats énergétiques.
Sensations : très facile.
Protocole 2
Footing à jeûn d'1h puis repas et goûter cétogènes avec mouvement dans les arbres et exposition au froid l'après-midi. Le footing est réalisé avec glycogène hépatique bas (dû au jeûne nocturne), mais un glycogène musculaire initialement préservé. Recharge glucidique au dîner.
Objectif : maintenir une faible disponibilité systémique en glucose durant l'après-midi afin de stimuler les adaptations enzymatiques musculaires et maximiser l'oxydation des lipides lors des activités qui suivent.
Sensations : légers maux de têtes après le déjeûner, potentiellement liés à la baisse d'insuline qui entraîne une excrétion accrue de sodium et d'eau par les reins, souvent confondu avec la "grippe cétogène".
Protocole 3
Séance de descentes d'1h45 le matin sans petit déj mais avec une c.s. de miel avant de partir. 3 x 250 m D- avec remontée en marche rapide avec bâtons. Apport d'une banane fractionnée en deux prises en bas des descentes 2 et 3. Déjeûner à faible teneur en glucides (low carb) ensuite, puis recharge glucidique au dîner.
Objectif : fournir des flucides exogènes rapides pour soutenir le coût énergétique élevé et l'intensité des contractions excentriques et de la marche rapide en côte, tout en limitant la recharge globale des stocks de glycogène au déjeuner. L'idée est aussi de simuler un contexte de chasseurs-cueilleurs où l'on peut s'imaginer nos ancêtres partir à la chasse en intensité le ventre vide, et se ravitailler frugalement sur le chemin (fruits, baies, miel).
Sensations : aucun problème pour effectuer la séance à pleine intensité. Rations apportées durant l'effort largement suffisantes. En revanche, fatigue marquée post-séance, caractéristique des contraintes mécaniques et des dommages musculaires induits par le travail excentrique en descente.
Protocole 4
Entraînement bi-quotidien avec footing à jeûn de 50 min comprenant des accélérations en montées (pour abaisser gentiment le glycogène musculaire), suivi d'un déjeûner cétogène, puis d'un second footing d'1h en fin d'après-midi. Recharge glucidique au dîner.
Objectif : appliquer le protocole scientifique classique du "Train-low, Sleep-low" adapté sur une seule journée ("Train-low, Eat-low"). Le premier entraînement et l'absence de glucides au déjeuner réduisent le glycogène musculaire. La seconde séance est ainsi débutées avec des réserves initiales basses, une condition démontrée pour maximiser l'activation de l'AMPK et du coactivateur PGC-1 (voir ).
Sensations : début de deuxième footing difficile, perception dd'un manque d'énergie transitoire qui s'atténue au fil de la séance, à mesure que les voies d'oxydation des lipides répondent à la demande énergétique.
Protocole 5
Sortie longue de 3h30 initiée après déjeûner cétogène. Retarder au maximum la prise de calories. Au départ, le glycogène hépatique est partiellement restauré par le déjeuner (via les protéines et la néoglucogénèse), mais le glycogène musculaire reste à son niveau de base. Ingestion d'une boule d'énergie et d'une banane au bout de 2h30 d'effort.
Objectif : solliciter l'oxydation des lipides (acides gras libres) sur un effort de longue durée à intensité basse à modérée.
Sensations : pas de sensation de faim, mais réelle sensation de faiblesse par moments, particulièrement lors des ascensions. Cela traduit ma limite actuelle en terme de débit d'oxydation des lipides, lorsqu'un débit d'ATP supérieur est requis.
Bilan du mois de mai
31/05/2026
Voilà déjà trois semaines que l'entraînement a repris et avec lui, mon exploration d'adaptation à la flexibilité métabolique. Le bilan est pour l'instant très positif car je sens que j'arrive de mieux en mieux à faire pareil qu'avant avec moins. Par exemple, sur la sortie longue d'aujourd'hui (35 km 2 000 D+, en 5h50 à Aiguebelette), j'ai démarré le matin à jeûn depuis la veille au soir (où je m'étais autorisé un repas copieux et riche en glucides), et ne me suis alimenté qu'au bout de 3h45 d'effort. Cette prise alimentaire, la seule de toute la sortie, était composée de 2 boules d'énergie, une banane, et environ 40g de saucisson. Cela représente, rapporté à l'ensemble de la sortie, une dizaine de grammes de glucides par heure. Autant dire pas grand chose. Je n'ai pas spécialement ressenti davantage la faim au cours de la sortie, ni une fringale insurmontable à l'issue de celle-ci, malgré un déficit calorique évident. À mes yeux, cela signifie que mon corps s'adapte à ce que je lui propose, et renforce sa tolérance au manque, et sa capacité à oxyder ce qu'il a en stock pour faire se mouvoir ma carcasse. Chouette !
Vue du lac d'Aiguebelette depuis le Mont-Grêle.
À part ça, une petite réjouissance s'est glissée au menu, au détour d'une session grimpe d'arbre. En voulant redescendre d'un chêne sur un terrain pentu, je me suis laissé glisser pour atterrir sur les fesses, d'une hauteur assez ridicule (moins de 50 cm), et mon auriculaire droit avait décidé de s'installer précisément là où mes fesses se sont posées. Résultat : petit doigt retourné à 180° sur le coup, et fracture (légère) de celui-ci. Deux semaines d'immobilisation. Aux urgences, on me propose avec insistance anti-douleurs et anti-inflammatoires. Conformément à ma philosophie, je les refuse, pour laisser mon corps se débrouiller et songeant que ces artéfacts ne feront que ralentir le processus de guérison. Pour moi, ce sera calcium à gogo, exposition au soleil pour la vitamine D, et sport régulier avec de l'intensité pour stimuler la vascularisation. Après une semaine, les choses sont en bonnes voies puisque la douleur n'est quasiment plus, mon doigt a récupéré environ 80% de sa mobilité, et il retrouve peu à peu une forme normale. Sur ce coup, je m'en sors bien ! :)
Fracture avec déplacement supérieur de l'extrémité proximale de la 1 phalange du 5 rayon de la main droite (oui il faut la voir...).

