Ce mois de juin commence sur les chapeaux de roue avec un week-end choc prévu de longue date avec l'association Grenoble Trail. Ne sachant pas trop dans quoi je m'embarquais, j'y suis allé la fleur au fusil, avec beaucoup de curiosité et d'humilité. La montagne est quelque chose qui m'effraie depuis que j'ai commencé le trail, et mon expérience se limite, à de rares exceptions près comme le Lavaredo ou certaines sorties en montagne, à de la basse altitude et à du terrain relativement peu technique. J'ai ainsi vu dans ce week-end l'opportunité d'aller plus loin et de découvrir la haute montagne avec des personnes expérimentées qui partagent ma passion.
Jour 1 du WEC Aravis.
Mon but étant de borner, je me suis immédiatement positionné sur les sorties les plus longues du week-end. Cela m'a valu de me retrouver avec les flèches de GT, que j'ai eu parfois bien du mal à suivre sur les sentiers techniques. Mais j'ai aussi beaucoup appris sur ma capacité à endurer des allures inconfortables sur des journées entières, et j'ai pu trouver cette expérience de la montagne que j'étais venu chercher.

Jour 2 du WEC Aravis.
Le jour 3 a été très compliqué. Tu te souviens de cette sortie de mai à Aiguebelette ? En fait, je ne t'ai pas tout dit. Depuis plusieurs semaines, j'essaye d'entraîner mon corps à assimiler l'eau que je trouve sur mon chemin sans la filtrer. Cela a très bien fonctionné pendant plus d'un mois, jusqu'à cette fameuse sortie. La soif étant trop forte, j'ai siroté un bon 50 cl d'un coup dans une rivière, sans prendre mes précautions habituelles (prendre une petite gorgée, attendre 30 à 45 min, et s'il ne se passe rien, augmenter la dose). Deux jours plus tard, je me retrouvais avec un grand inconfort digestif, de la fièvre par moments, et la sensation que mon corps luttait contre une infection. J'ai malgré tout décidé de me rendre à ce WEC GT en connaissance de cause.
Et mon corps me l'a fait payer le dimanche quand, déjà abîmé par toutes ces heures de trail, une nourriture approximative et de courtes nuits, je lui ai demandé une troisième sortie sous un cagnard oppressant, avec des passages en altitude. Le résultat ne s'est pas fait attendre : toutes les 10 minutes, je devais m'arrêter pour procéder à des purges bien senties. J'étais quand même un peu inquiet de constater la relative blancheur de mes selles, mais j'ai réussi à rester concentré pour aller au bout de la sortie. À l'arrivée, j'étais fier d'avoir totalisé 86 km avec 6 700 m D+ D- sur 3 jours, en montagne. Ce ne fut pas un week-end facile, mais j'ai tenu bon, et mon mental s'en souviendra. J'ai aussi commencé à apprivoiser la montagne et je ressens au fond de moi l'envie croissante de poursuivre l'exploration de ce milieu.
Jour 3 du WEC Aravis.
