Au sortir d'une semaine très chargée que je qualifierai de sub-aquatique, je ne m'aventurais pas sur cette sortie avec une ambition autre que celle de tester le live-tracking. Et aussi me dégourdir les pattes, après 50h d'ordi dans la semaine. De longue date, je zieutais le parcours de l'Utra-Trail de la Motte-Chalancon, un trail qui n'existe plus aujourd'hui, mais qui reste une chouette boucle de 85 km 4 500 m D+ (tracé légèrement revu par mes soins), et ai décidé de m'y lancer.
Côté matos, je suis parti comme sur le tour du Taillefer, mais avec l'expérience d'une sortie longue en plus. Résultat : meilleur répartition des masses dans mon sac, malgré le poids augmenté par rapport au Taillefer. J'ai cette fois pris 3 plats lyphilisés, une douzaine de boules d'énergie, un saucisson et demi, et une dizaine de portions de flasques isotoniques. Avec le reste du matériel, masse totale au départ : 7,4 kg. Ça commence à se faire sentir. Mais étrangement, avec la bonne répartition, le sac fusionne avec son hôte, et je me suis senti très à l'aise dès les premiers kilomètres. Ce sac est exceptionnel.
Vue sur le lac du pas des ondes (gauche) et traces GPX de l'UTMC (droite).
Avec une bonne team de beta-testeurs.euses, j'étais euphorique de voir que le tracking fonctionnait toujours nickel après plusieurs heures d'effort. Côté sentiers, on était sur des terrains drômois parfois techniques, parfois feuillus, mais souvent très agréables. J'ai pu éprouver la technique du "rest step" (voir le billet dédié) pendant de longues heures puisque, ici encore, je n'avais pas les bâtons. Résultat : une utilisation majorée des fessiers se fut ressentir, et plus du tout des quadriceps comme pendant le tour du Taillefer.


Clichés pris lors de la boucle UTMC OFF.
Après un trou d'air vers 15-16h, correspondant à la baisse habituelle de mon rythme circadien, et me forçant à faire une power-nap en auto-hypnose de quelques minutes, l'épique s'est invité. Passer de "je pense abandonner, Mam peux-tu venir me chercher ?" à "allez ça part plus que 40 km on y va !". C'est fou l'ultra, parfois ça se joue à quelques minutes d'yeux fermés. La nuit tomba de bonne heure, et avec la couverture nuageuse, elle était d'un noir étouffant. Seul dans cette montagne noire, mon mental a été mis à rude épreuve, souvent effrayé par les bruits soudains des animaux qui m'entouraient. La pluie s'est invitée de manière assez brutale à 15 km de l'arrivée, me forcant à un détour pour éviter la dernière arrête de 6 km, jugée trop dangereuse à mon goût vue les conditions.
Ma batterie s'était complètement vidée, entraînant la fin du suivi. Mais l'essentiel était ailleurs quand, vers 23h30, j'ai finalement pu lâcher les nerfs à mon retour à la maison, après quasiment 15h d'effort. Rincé, mais une fois de plus, étonné par les capacités de résilience physique et mentale de mon corps. Objectif simulation grandeur nature de la traversée de la Réunion : check ! Le jour J, il faudra néanmoins remettre une pièce de 82 km 5 500 m D+ après ça...
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Live-tracking final : très satisfaisant malgré les couacs visibles lors de certains tests de paramètres et avec le vidage de la batterie sur la fin.

